Ne me quitte pas !

Un extrait du second tome.

Alexandre arrêta la voiture devant l’allée, ou se dressait une magnifique maison de quatre chambres à coucher. 

  • Elle est à peine terminée et devrait être mise en vente le mois prochain, dit-il à Vanessa en lui ouvrant la portière. Nous avons pensé, maman et moi, que ce ne serait pas convenable de te demander de partager mon appartement. Elle serait idéale pour commencer notre nouvelle vie.
  • Nous allons habiter ici ? demanda-t-elle ne voulant pas y croire.
  • Seulement si tu l’acceptes. C’est ton cadeau de mariage.
  • Elle est superbe ! répondit-elle en descendant de voiture, avant de se diriger en courant vers l’entrée, heureuse comme un enfant à qui l’on venait d’offrir un présent inespéré.

Alexandre ne connaissant pas cette facette de sa personnalité, la regarda s’éloigner un peu surpris. Elle se retourna et lui fit un large sourire. Son visage était illuminé et ses yeux brillaient. Qu’elle était belle ! Il la rejoignit et ils entrèrent tous les deux dans la maison.

La conception intérieure était inimaginable. Les murs d'un blanc éclatant, les hauts plafonds et les planchers en bois ajoutaient à la fois une note de distinction et d’élégance à la vue d’ensemble. Le salon, doté d’une cheminée pour offrir confort et chaleur en hiver, était somptueusement décoré. La salle de séjour, à la fois spacieuse et inondée de lumière naturelle, grâce à de grandes fenêtres placées de part et d’autre, était sublime. La salle à manger était positionnée à gauche d’une cuisine de rêve aux proportions généreuses, avec un long ilot central. Vanessa ne put s’empêcher de lancer un cri d’admiration.

  • Elle te plait ? demanda Alexandre.
  • Elle est splendide ! 
  • Je suis désolé, je ne voulais pas te froisser, lui dit-il en la rejoignant.
  • Ça va, ne t’inquiète pas. Ce n’est pas grave. J’ai faim et je suppose que toi aussi. Y-a-t-il de quoi manger ou devons-nous passer une commande chez le traiteur ?
  • Ma mère a tout organisé. Un repas nous attend sur la terrasse. On y va ? demanda-t-il en tirant la baie vitrée.

Décorée avec goût, la terrasse était un prolongement de la salle à manger. Très grande, elle avait un espace salon avec canapé et table basse, ainsi qu’un coin repas qui pourrait être utilisé non seulement au quotidien, mais aussi pour des réceptions à ciel ouvert. Des plantes à fleurs installées dans des bacs en zinc, apportaient un style chaleureux à l’ensemble. Le jardin était visible depuis la terrasse et le panorama très agréable.

Sur une petite table dans un coin bien en vue se dressait un très beau gâteau blanc et or de deux étages. Sur une autre plus grande, le repas était réparti dans six plats chauffants de petite taille et le couvert mis pour un dîner en tête à tête. Madame Mattelier avait pensé à tout.

  • Chacune des quatre chambres a sa propre salle de bains. Je te laisse la principale, lui annonça-t-il en la désignant de la main. Je m’installerai dans celle d’à côté qui a l’avantage d’avoir un coin bureau.
  • Nous allons faire chambre à part ? demanda-t-elle étonnée.
  • Vanessa tu sais très bien que notre union n’est qu’une façade. Ma promesse était que tu ne manques de rien financièrement et je la tiendrai.
  • Mais…
  • Tu ne t’imaginais tout de même pas que nous allions dormir ensemble ?

Vanessa ne se laissa pas désarçonner et se reprit rapidement. Elle cacha sa peine derrière un masque indéchiffrable et tenta de faire face à sa nouvelle situation, avec cet homme qu’elle avait accepté d’épouser, tout en sachant qu’il en aimait une autre.

  • Bien sûr que non. Je sais que tu ne m’aimes pas. Tu me l’as bien assez répété. Mais, je pensais que pour sauver les apparences nous partagerions la même chambre.
  • Personne ne viendra vérifier ce qui se passe chez nous. L’important c’est que nous vivions sous le même toit et que nous projetions en public l’image d’un couple heureux. Tu partages mon avis, n’est-ce pas ? lui demanda Alexandre.
  • Certainement ! s’empressa-t-elle de répondre. Je me comporterai comme il faut et respecterai ma part du contrat.
  • Je n’ai aucun doute sur ton talent d’actrice, ajouta-t-il en souriant.

Vexée, elle se dirigea vers la galerie couverte en se disant qu’elle devait accepter son incapacité à l’aimer, du moins pour l’instant, et tenter malgré tout de faire de ce mariage une réussite. Cette luxueuse résidence l’aiderait probablement à prendre son mal en patience. 

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